Il y a quelques mois, le magazine 'Références' interviewait Georges Ugeux. Une manière de connaître un peu mieux une personnalité comme on en rencontre peu...
Mon meilleur souvenir.
Il a remonté à 1996 lorsque, président de la commission d’évaluation des actifs de l’État, j’ai eu l’occasion de travailler avec Philippe Maystadt et Elio Di Rupo à la privatisation de Belgacom. Je suis fier de cette mission non seulement sur le plan du processus, qui s’est déroulé dans des conditions exemplaires, mais aussi sur le plan du résultat. L’ex- RTT est aujourd’hui un acteur dynamique qui compte dans l’univers européen des télécommunications.
Mon moins bon souvenir.
Les attentats du 11 septembre 2001 à New York, sans aucun doute. Ce fut d’autant plus dur pour moi que je n’étais pas sur place mais à Hong Kong, sans pouvoir prendre de nouvelles de mes collègues du NYSE et de ma famille, et surtout dans l’impossibilité d’agir. Je suis resté bloqué cinq jours en Asie, mais néanmoins de retour pour la réouverture des marchés dès le 17 octobre. Ce fut un moment véritablement poignant.
Ma rencontre décisive.
Elle remonte à l’université de Louvain, où j’ai eu la chance d’être formé par Alexandre Lamfalussy. Il m’a ouvert les yeux sur l’infinie complexité de la banque et m’a inspiré pour m’orienter vers la finance au moment où j’hésitais encore avec le droit puisque j’étudiais les deux disciplines. Alexandre Lamfalussy est un très grand économiste, à la pensée exceptionnellement claire et d’une intégrité à toute épreuve.
Mon choix décisif.
Quitter la Générale de Banque en 1985 pour rejoindre Morgan Stanley à Londres. J’avais la conviction que la mondialisation des marchés financiers allait considérablement s’accélérer. Ce fut un choc culturel énorme, mais sans ce choix jamais je n’aurais exercé les responsabilités au NYSE par exemple.
Mon tuyau GRH.
Désormais à la tête de ma propre entreprise, je suis très attaché à éviter de tomber dans le piège de l’omniscience. Il me paraît indispensable au contraire qu’un « chef » s’ouvre à son équipe, lui demande son avis, quelles sont les approches possibles. Si les gens ne sentent qu’ils contribuent réellement, ils ne sont évidemment pas motivés. Agir de la sorte n’est pas synonyme de perte de pouvoir ou de légitimité, tout au contraire, mais d’un refus de toute autocratie, qui est avant tout un signe de faiblesse à mes yeux.
B.J.
(source : références)